Ce que c'est et pourquoi ça compte
Les heures que vous perdez vraiment, c'est presque toujours sur un site, pas dans le code. Le studio d'un réseau social où vous programmez vos posts, App Store Connect, le CRM, le back-office du logiciel de gestion. Des tableaux de bord où vous êtes déjà connecté, qui n'ont pas d'API, ou en ont une qui ne couvre pas ce dont vous avez besoin. Alors à chaque fois, c'est vous qui cliquez : envoyer, écrire, choisir, vérifier.
Claude in Chrome règle ça. C'est une extension de navigateur que Claude Code utilise pour piloter votre Chrome, le vrai, avec vos connexions. Il ouvre un nouvel onglet, lit la page, clique, écrit, envoie des fichiers depuis votre ordinateur et vérifie le résultat. Vous le voyez bouger en temps réel. Quand il tombe sur une page de connexion ou un CAPTCHA, il s'arrête et vous demande.
Nous l'utilisons chaque jour pour programmer les carrousels de STRIKT sur un réseau social : il envoie les slides, écrit la description, choisit les hashtags dans le menu, règle la date et l'heure, puis vérifie dans la liste que le post y est. Le secret, ce n'est pas l'extension. C'est la procédure écrite dans un fichier, que l'agent relit à chaque fois. Ce guide est pour ceux qui ont un tableau de bord qui leur mange des heures : à la fin, vous aurez l'extension connectée et votre procédure prête.
1. Ce qu'il vous faut et comment le connecter
- Google Chrome ou Microsoft Edge. Claude Code reconnaît aussi l'extension dans d'autres navigateurs basés sur Chromium, comme Brave, Arc, Vivaldi et Opera. Ça ne marche pas dans WSL, le Linux intégré à Windows.
- L'extension Claude in Chrome depuis le Chrome Web Store, dans sa dernière version, et Claude Code à jour.
- Un abonnement Anthropic direct : Pro, Max, Team ou Enterprise. Vous devez vous connecter à Claude Code avec /login : si vous utilisez une clé API, ou Claude via Amazon Bedrock, Google Cloud ou Microsoft Foundry, l'intégration Chrome reste désactivée. Depuis juillet 2026, elle n'est plus en préversion.
- Installez l'extension et connectez-vous avec le même compte, et la même organisation, que dans Claude Code. S'ils sont différents, Claude vous dit que l'extension n'est pas connectée.
- Dans le terminal, lancez claude --chrome. La première fois, une fenêtre explique comment marchent les autorisations par site : appuyez sur Entrée.
- Tapez /chrome. Ça marche si vous voyez « Status: Enabled » et « Extension: Installed ». C'est aussi là que vous gérez les autorisations, reconnectez l'extension et choisissez le navigateur si vous en avez plusieurs.
- Si l'extension n'est pas détectée du premier coup, fermez et rouvrez Chrome : il ne lit la configuration de Claude Code qu'au démarrage.
Dans /chrome, il y a aussi « Enabled by default », pour ne pas taper --chrome à chaque fois. Moi, je le laisse désactivé : il garde les outils du navigateur toujours chargés, et ils consomment du contexte.
2. Les autorisations : ce qu'il fait seul et où il s'arrête
Avant une action dans le navigateur, Claude Code peut vous demander la permission. La demande commence par « Claude in Chrome wants to » et vous propose d'autoriser toutes les actions sur ce site pour la session. Les autorisations par site, elles, sont dans les réglages de l'extension : c'est là que vous décidez sur quels sites il peut naviguer, cliquer et écrire. Avec les abonnements Team et Enterprise, l'administrateur peut limiter les sites avec une liste.
- Il envoie des fichiers depuis votre ordinateur : jusqu'à 10 Mo au total par envoi. Il refuse les fichiers aux noms d'identifiants, comme .env, .pem, .key ou tout ce qui est dans .ssh, ainsi que ceux qu'il n'a pas le droit de lire.
- Connexions et CAPTCHA : il s'arrête et vous demande de le faire. Ne lui donnez pas de mots de passe : vous vous connectez vous-même, une fois, dans votre Chrome.
- Dans les longues sessions, la connexion peut s'endormir : /chrome, puis « Reconnect extension ».
L'app de bureau de Claude a aussi un navigateur intégré, mais il utilise un profil vierge, sans vos connexions : la documentation le conseille pour les sites qui n'ont pas besoin de vous, et Claude in Chrome pour agir en votre nom. Chez nous, dans le navigateur intégré, l'envoi de fichiers sur le studio du réseau social ne marchait pas.
3. Écrivez la procédure une fois
C'est là que se joue la différence entre un agent qui tombe juste de temps en temps et un agent sur lequel vous pouvez compter. La première fois, vous faites le parcours avec lui et vous regardez. Ensuite, vous lui faites écrire dans un fichier ce qui a marché : clic par clic, ce qu'il faut vérifier à la fin et chaque piège dans lequel vous êtes tombés. Dès la fois suivante, vous lui dites seulement « lis la procédure et suis-la ».
La nôtre s'appelle PUBBLICARE.md (« publier » en italien) et elle est divisée en six parties : préparer les fichiers, envoyer, textes, son, réglages, après. Voici la même structure rendue générique, à adapter à votre tableau de bord. Remplacez les parties entre < > et enlevez les symboles.
# Publier sur <nom du site> (procédure qui marche) Outil : Claude in Chrome, profil Chrome <lequel>, déjà connecté en tant que <quel compte>. Si tu tombes sur une connexion ou un CAPTCHA : arrête-toi et appelle-moi. ## 1. Préparer - Les fichiers sont dans <dossier>. Ordre : <comment ils sont numérotés>. ## 2. Envoyer 1. Ouvre <adresse exacte de la page d'envoi>. 2. Envoie <tous les fichiers, dans l'ordre>. 3. Vérifie dans l'aperçu que l'ordre est bon. ## 3. Textes - Titre : <longueur maximale, ce qu'on y met>. - Description : <règles>. - Tags : <comment les saisir pour qu'ils comptent vraiment>. ## 4. Réglages - <date et heure, visibilité, options à laisser telles quelles>. - Avant le bouton final, montre-moi un récapitulatif : <ce qu'on ne peut plus changer après>. ## 5. Contrôle final - Ouvre <la page avec la liste> et vérifie que <la ligne avec date et heure> y est. ## Pièges connus - <le piège> : <comment l'éviter>.
Les pièges sont la partie qui vaut le plus, parce que ce sont ceux qu'un agent tout neuf referait. Voici les nôtres, tirés de la vraie procédure :
- Les hashtags. Si vous les collez tous d'un coup, ils restent du texte simple et ne comptent pas. Il faut taper #mot, attendre deux secondes le menu des suggestions et le choisir avec Entrée, un par un. À la fin, l'agent vérifie que chacun est devenu un élément à part, pas du texte.
- Le champ d'envoi caché. Certains sites cachent le champ des fichiers derrière un bouton. La procédure explique comment le rendre visible pour l'agent, pour qu'il envoie tous les fichiers dans l'ordre d'un seul coup.
- L'heure qui défile. Le sélecteur d'heure est une liste qui défile : on clique l'heure, puis les minutes, puis on vérifie avec un zoom que le champ affiche la bonne heure.
- Un post programmé ne se modifie pas. Sur notre réseau social, un post programmé peut seulement être supprimé, pas corrigé. Donc la vérification se fait avant le bouton final, pas après.
4. Les prompts à copier
Ouvre Chrome sur [adresse du tableau de bord]. Je veux [quoi : programmer un post, mettre à jour une fiche, envoyer un fichier]. Fais-le une étape à la fois et dis-moi ce que tu vois avant chaque clic qu'on ne peut pas annuler. Si tu tombes sur une connexion ou un CAPTCHA, arrête-toi et appelle-moi. N'appuie pas sur le bouton final : attends mon feu vert.
Écris dans docs/PUBLIER.md la procédure qu'on vient de faire, clic par clic : l'adresse exacte de chaque page, ce qui va dans chaque champ, ce qu'il faut vérifier à la fin et chaque piège dans lequel on est tombés, avec la bonne façon de l'éviter. Pas de mots de passe, d'e-mails ni de clés dans le fichier.
Lis docs/PUBLIER.md et suis-la pour [le dossier du jour]. Avant le bouton final, montre-moi un récapitulatif : fichiers envoyés et dans quel ordre, textes, tags, date et heure. Ensuite, ouvre la liste et vérifie que le résultat y est.
Aujourd'hui, ça a raté : [quoi]. Réécris le bon endroit de docs/PUBLIER.md pour que ça n'arrive plus. N'ajoute pas une note à la fin : corrige la règle là où elle est.
5. Les règles du site passent en premier
Avant d'automatiser un site, lisez ses conditions d'utilisation sur l'automatisation. Chaque plateforme a ses règles, elles changent avec le temps, et certaines limitent ou interdisent les outils automatiques. Si un site dit non, ne le faites pas. Moi, je l'utilise sur mes propres comptes, pour des choses que je ferais à la main, une à la fois, au rythme d'une personne.
Et ça reste un outil qui agit à votre place. Anthropic écrit elle-même que, même avec ses contrôles de sécurité, Claude in Chrome comporte des risques. Ne lui donnez que les sites dont vous avez besoin, tenez-le loin de ceux qui touchent à votre argent, et faites-le s'arrêter avant chaque clic irréversible tant que la procédure n'a pas tourné proprement plusieurs fois.
Les erreurs les plus courantes
- Coller tous les hashtags d'un coup. Ils restent du texte simple : il faut les choisir un par un dans le menu des suggestions.
- Ne pas écrire la procédure. Sans fichier, l'agent repart de zéro à chaque fois et se trompe à chaque fois à un endroit nouveau.
- Se fier au « c'est fait ». Sans le contrôle final dans la liste, un enregistrement raté ressemble à un enregistrement réussi.
- Utiliser le mauvais profil Chrome. Si vous en avez plusieurs, écrivez dans la procédure lequel utiliser : l'agent travaille avec les connexions de ce profil.
- Automatiser sans avoir lu les règles du site. Si la plateforme ne le permet pas, vous risquez le compte.
Check-list
- L'extension Claude in Chrome est installée, avec le même compte et la même organisation que Claude Code
- /chrome affiche « Status: Enabled » et « Extension: Installed »
- J'ai lu les règles du site sur l'automatisation
- La procédure est dans un fichier, avec le contrôle final et les pièges connus
- Le fichier de procédure ne contient ni mots de passe, ni e-mails de compte, ni clés
- L'agent me montre un récapitulatif avant le bouton final
Questions fréquentes
Est-ce que je peux le laisser travailler pendant mon absence ?
Oui, si Chrome est ouvert, que l'extension est connectée et que le site vous garde connecté. Mais si une connexion ou un CAPTCHA apparaît, il s'arrête et vous attend : ce passage saute. C'est pour ça que le contrôle final et le récapitulatif qu'il vous laisse comptent encore plus.
Si le site a une API, le navigateur vaut-il quand même le coup ?
Non : si l'API fait ce dont vous avez besoin, utilisez l'API. Elle est plus rapide et ne change pas quand le site change de design. Le navigateur, c'est pour ce que l'API ne fait pas. Et quand le site change, vous mettez la procédure à jour.