Ce que c'est et pourquoi ça compte
Vous travaillez une heure avec Claude Code et le résultat est dans le terminal : des lignes de texte, des tableaux faits de tirets, un diff long de trois écrans. Pour vous, ça va. Mais votre associé, votre client ou la personne qui relit votre code ne le lit pas, et vous finissez par coller des morceaux dans un chat, dix messages à la suite.
Les artifacts règlent ce problème. Un artifact est une vraie page web que Claude Code publie depuis votre session sur claude.ai, à une adresse privée. Dedans, il y a le travail de la session : une comparaison d'options, un graphique, un diff annoté, une check-list qui se coche pendant que Claude travaille. Vous l'ouvrez dans le navigateur, et quand Claude la republie, elle se met à jour sur place, y compris pour ceux qui l'ont ouverte.
Utilisez-en un quand une chose se comprend mieux en la regardant qu'en la lisant ligne par ligne. Et sachez ce que ce n'est pas : une seule page statique, sans serveur derrière. Elle ne peut pas avoir plusieurs pages liées, ne peut pas connecter les gens avec un compte, n'enregistre pas de données. Ce n'est pas votre site. Pour un outil interne avec un backend (la partie qui tourne sur un serveur et enregistre les données), il faut le mettre en ligne sur vos propres serveurs.
1. Ce qu'il vous faut
Les artifacts ne marchent que si toutes ces conditions sont réunies. S'il en manque une, Claude écrit un fichier HTML sur votre ordinateur ou vous dit qu'il ne peut pas publier.
- Un abonnement Claude : Pro, Max, Team ou Enterprise. Sur Team et Enterprise, ils sont activés par défaut, mais un Owner (la personne qui gère l'organisation) peut les couper pour tout le monde.
- La connexion avec votre compte claude.ai : dans Claude Code, tapez /login. Une session qui utilise une clé API, le jeton d'une passerelle ou les identifiants d'un fournisseur cloud ne peut pas publier.
- Claude via l'API d'Anthropic. Les artifacts n'existent pas si vous utilisez Claude depuis Amazon Bedrock, Google Cloud ou Microsoft Foundry.
- Aucune règle spéciale sur les données dans votre organisation : si les clés de chiffrement gérées par le client (CMEK), HIPAA ou Zero Data Retention (aucune donnée conservée) sont activés, il n'y a pas d'artifacts.
- Claude Code dans le terminal ou dans l'app de bureau Claude, dans la dernière version. Ils sont coupés par défaut quand vous lancez Claude Code avec -p depuis vos scripts et dans l'Agent SDK.
2. Comment la demander
Pas besoin de commande. Vous demandez avec des mots simples : dites « artifact » ou « page » et décrivez ce que vous voulez voir. Parfois, Claude en publie une tout seul, quand il voit que le résultat se lit mieux comme une page. Voici les quatre prompts que j'utilise le plus, à copier. Remplacez les parties entre [ ] par les vôtres.
Fais-moi un artifact avec trois versions différentes de [l'écran d'accueil], côte à côte. Rends-les vraiment différentes et sous chacune, écris en une ligne ce que je gagne et ce que je perds.
Transforme ce plan en artifact avec une check-list. Pendant que tu travailles, coche les points que tu termines, ajoute une note pour ceux que tu sautes et republie sur le même lien.
Fais-moi un artifact qui explique cette pull request : montre le diff avec des notes en marge à côté des lignes importantes et colore les problèmes selon leur gravité.
Fais-moi un artifact tableau de bord avec les données que tu as déjà récupérées dans cette session : [les erreurs de la semaine dernière], réparties par [service]. Tiens-le à jour pendant que tu enquêtes.
Claude écrit la page dans un fichier HTML ou Markdown, dans un dossier temporaire hors de votre projet, la publie, affiche le lien et l'ouvre dans votre navigateur. Il choisit lui-même le titre et l'icône de l'onglet : si vous en voulez d'autres, demandez-les. Au début, vous êtes le seul à la voir.
3. Comment la retrouver
- Ctrl+] rouvre à tout moment le dernier artifact de la session.
- Sous le prompt, une petite étiquette affiche le nom de la page, ou leur nombre si la session en a plusieurs.
- /artifacts liste vos pages et celles partagées avec vous, celles de cette session en haut. Choisissez-en une et appuyez sur o pour l'ouvrir dans le navigateur, c pour copier le lien, Entrée pour l'attacher à la session en cours (si elle l'est déjà, elle s'ouvre).
La liste vient de votre compte claude.ai, elle marche donc aussi dans une nouvelle session ou après /clear, quand le lien a disparu du terminal. Toutes les pages que vous avez créées sont aussi dans votre galerie, sur claude.ai/code/artifacts.
4. Comment la partager
Une nouvelle page est privée : vous seul la voyez. Pour la montrer, ouvrez-la dans le navigateur et utilisez le bouton Share en haut de la page. Avec qui vous pouvez la partager dépend de votre abonnement :
- Avec Pro et Max, les abonnements personnels, vous créez un lien public : n'importe qui peut l'ouvrir, même sans compte claude.ai.
- Avec Team et Enterprise, vous la donnez à des personnes précises de votre organisation ou à toute l'organisation. Qui l'ouvre se connecte à claude.ai avec le compte de l'organisation.
- Sur Team et Enterprise, le lien public est désactivé tant qu'un Owner n'active pas External sharing dans Organization settings > Artifacts. S'il le désactive ensuite, les liens publics déjà envoyés ne s'ouvrent plus.
Chaque publication est conservée comme une version. Depuis le même bouton Share, vous choisissez quelle version les autres voient : une version précise, ou toujours la dernière. Claude peut ainsi continuer à travailler sur la page sans montrer les étapes à moitié finies.
5. Comment la tenir à jour
Pour la modifier, il suffit de demander : Claude change le fichier et republie à la même adresse. Ceux qui ont la page ouverte voient la mise à jour sur place, et vous n'avez pas à envoyer un nouveau lien.
Ajoute sous le graphique [le détail par pays] et republie.
Depuis une nouvelle session, c'est différent. Si vous dites seulement « mets à jour la page », Claude en crée une autre. Donnez-lui le lien, ou attachez la page depuis /artifacts :
Mets à jour [le lien de l'artifact] avec les chiffres d'aujourd'hui.
Si vous la partagez dans votre organisation, les personnes qui la voient peuvent laisser des commentaires sur la page, et vous pouvez demander à Claude de les lire et de faire les modifications. Ceux qui peuvent la modifier peuvent aussi en envoyer un directement à Claude, avec Send to Claude ou en écrivant @claude. Ceux qui n'ont que le lien public ne voient pas les commentaires.
Et si vous voulez que les chiffres se mettent à jour tout seuls chaque fois que quelqu'un ouvre la page, sans que Claude la republie, la page peut appeler les connecteurs de votre compte claude.ai, GitHub par exemple. C'est une étape de plus : je l'explique dans le guide DASHBOARD (strikt.fit/dashboard-live).
Les erreurs les plus courantes
- Envoyer le lien avant de partager la page. Une nouvelle page est privée : si vous ne passez pas par Share pour choisir qui la voit, les autres ne peuvent pas l'ouvrir.
- La traiter comme votre site. C'est une seule page statique : pas de connexion, pas de formulaire qui enregistre des données, pas de liens vers d'autres pages (les liens relatifs ne marchent pas). Pour ça, il faut un vrai site.
- Demander « mets à jour la page » dans une nouvelle session sans donner le lien. Claude en crée une autre, et vous vous retrouvez avec deux pages différentes en circulation.
- Mettre derrière un lien public des données que vous ne voulez pas voir circuler. N'importe qui ayant le lien public peut l'ouvrir : laissez de côté les clés, les données clients et les chiffres internes, ou partagez seulement dans votre organisation.
- La remplir d'images lourdes. La page doit rester sous 16 MiB et les images intégrées consomment beaucoup de tokens : pour les graphiques et les schémas, demandez du SVG ou du HTML.
Check-list
- J'ai un abonnement Pro, Max, Team ou Enterprise et je suis connecté avec /login, pas avec une clé API
- J'ai demandé la page en décrivant ce que je veux voir, et Claude m'a donné un lien
- Avec Ctrl+] ou /artifacts, je retrouve la page même quand le lien a disparu du terminal
- Avant d'envoyer le lien, j'ai utilisé Share et choisi qui voit la page
- J'ai choisi quelle version de la page les autres voient
- Le lien public ne contient ni clés, ni données clients, ni chiffres internes
- Pour la mettre à jour depuis une nouvelle session, je donne à Claude le lien de la page
Questions fréquentes
Claude m'a écrit un fichier HTML au lieu de me donner un lien. Pourquoi ?
Ça veut dire que les artifacts ne sont pas actifs dans votre session. Reprenez les conditions de l'étape 1 et regardez la ligne Artifacts dans /config : si elle est désactivée, activez-la. Si tout est en ordre, regardez le réseau : Claude Code télécharge les règles de l'organisation depuis api.anthropic.com, et si un VPN, un proxy ou un filtre le bloque, les artifacts ne démarrent pas. Demandez à la personne qui gère le réseau de le laisser passer.
Quelqu'un qui ouvre mon lien public voit-il mon nom ?
Quelqu'un qui l'ouvre sans être connecté à claude.ai, ou depuis l'extérieur de votre organisation, ne voit pas votre nom : à la place, il y a la mention « Content is user-generated and unverified. ». Les personnes de votre organisation, elles, voient qui l'a publiée.
Est-ce que je peux supprimer une page ?
Oui, si elle est à vous : dans /artifacts, vous la sélectionnez, appuyez sur d et confirmez. Ça ne marche pas depuis les sessions cloud. C'est définitif : le lien ne fonctionne plus pour personne, vous compris, alors ne le faites que si vous êtes sûr que plus personne n'en a besoin.