Ce que c'est et pourquoi ça compte
Un investisseur vous demande vos chiffres. D'habitude, vous envoyez une capture d'écran, ou un tableur dépassé au bout d'une semaine. Ou vous construisez un vrai tableau de bord : un serveur, une base de données, un login, un déploiement. Tout ça pour une page.
Claude Code peut publier une vraie page, qu'on appelle un artifact : une page web sur claude.ai, avec son propre lien, que Claude conçoit et publie depuis la session. Pas de serveur à vous à garder allumé, pas de déploiement, pas de code à maintenir. Et si vous branchez vos services comme connecteurs, par exemple Stripe pour les paiements et PostHog pour l'analytique, la page lit des données fraîches à chaque ouverture.
Il y a un mais, et c'est le cœur de ce guide : les données en direct passent par le compte de la personne qui regarde la page, pas par le vôtre. Pour vous et votre équipe, ça marche très bien. Pour un investisseur extérieur à votre organisation, on fait autrement : Claude republie la page avec les nouveaux chiffres, au même lien. Vous trouverez les deux ici.
1. Ce qu'il vous faut
- Une offre Claude Pro, Max, Team ou Enterprise.
- Claude Code dans le terminal ou l'appli de bureau, connecté avec votre compte claude.ai (/login). Avec une clé API ou un fournisseur cloud comme Amazon Bedrock, on ne peut pas publier.
- La dernière version de Claude Code : les données en direct et les réponses aux commentaires demandent des versions récentes.
- Sur Team et Enterprise, les artifacts sont activés par défaut, mais un Owner peut les couper, et les appels aux connecteurs depuis les pages ont un interrupteur à part (Enable artifact connectors).
Si vous demandez une page et que Claude écrit un fichier HTML local sans lien, les artifacts ne sont pas actifs pour votre session : revérifiez ces points.
2. Branchez les données comme connecteurs claude.ai
Voici le détail qui fait perdre le plus de temps. La page publiée ne peut appeler que les connecteurs de votre compte claude.ai. Les serveurs MCP ajoutés en local avec claude mcp add aident Claude pendant qu'il construit la page, mais la page publiée ne peut pas les appeler.
- Ouvrez claude.ai/customize/connectors.
- Stripe a un connecteur officiel dans l'annuaire : cherchez-le, connectez-le, identifiez-vous sur Stripe et choisissez les comptes auxquels donner accès. Sur Team et Enterprise, un Owner doit d'abord l'ajouter.
- Pour PostHog, si vous ne le trouvez pas dans l'annuaire, utilisez Add custom connector avec l'adresse https://mcp.posthog.com/mcp et connectez-vous. La région, États-Unis ou Europe, c'est PostHog qui la choisit selon votre compte.
- Dans Claude Code, tapez /mcp : les connecteurs claude.ai apparaissent dans la liste. S'ils manquent, vérifiez que vous êtes connecté avec votre compte claude.ai et pas avec une clé API.
Le connecteur Stripe peut aussi écrire, pas seulement lire : gardez l'approbation des outils active, comme le conseille Stripe lui-même.
3. Demandez le tableau de bord
Plus vous êtes précis sur ce que vous voulez voir, moins vous faites d'allers-retours. Écrivez les événements PostHog avec leur vrai nom : si vous ne les connaissez pas, demandez d'abord à Claude de les lister depuis le connecteur.
Fais-moi un artifact : un tableau de bord pour un investisseur avec les chiffres de mon appli. En haut, quatre tuiles : inscrits au total, inscrits des 7 derniers jours, abonnés payants actifs, revenu récurrent du mois. En dessous : les inscrits par jour sur les 30 derniers jours, et l'entonnoir de l'onboarding, avec combien de personnes arrivent à chaque étape et où elles décrochent, en pourcentage. Inscrits et onboarding depuis PostHog (l'événement d'inscription est [événement], les étapes de l'onboarding sont [événements dans l'ordre]) ; abonnés et revenus depuis Stripe. Lis les données dans les connecteurs claude.ai à chaque ouverture de la page. Dans chaque section en direct, mets un message de secours qui dit quel connecteur il faut, s'il ne répond pas. Sous chaque chiffre, écris d'où il vient et à quelle heure il a été lu.
Avant de publier une page qui appelle des connecteurs, Claude Code vous demande confirmation. Ensuite, il vous donne le lien et ouvre le navigateur ; /artifacts liste toutes vos pages.
4. Comment elle reste à jour
Une page avec des connecteurs lit les données à l'ouverture, et peut se rafraîchir à intervalles ou avec un bouton. Les réponses restent en cache dans le navigateur de la personne qui regarde : quand elle la rouvre, elle voit tout de suite les derniers chiffres, et un instant plus tard les nouveaux.
Ajoute au tableau de bord un bouton « Actualiser » et une actualisation automatique toutes les 15 minutes tant que la page est ouverte. En haut, affiche l'heure de la dernière actualisation. Si un connecteur ne répond pas, garde les derniers chiffres et écris qu'ils ne sont pas à jour. Puis republie au même lien.
Rappelez-vous par où passent ces appels : par le compte de la personne qui regarde, qui doit donner son accord la première fois. Deux personnes qui ouvrent la même page peuvent voir des données différentes. Qui n'a pas branché le connecteur, ou refuse, voit la page sans ses parties en direct.
Pour un investisseur : la même page, republiée
Pour qui ouvre le lien public sans compte claude.ai, ou depuis l'extérieur de votre organisation, les connecteurs ne se lancent pas. Alors vous faites une version avec les chiffres dedans, et vous la gardez fraîche en la republiant au même lien : qui a la page ouverte voit la mise à jour aussitôt.
Fais une copie du tableau de bord pour l'investisseur, sans appels aux connecteurs : lis maintenant les chiffres dans Stripe et PostHog et mets-les dans la page, avec la date et l'heure de la lecture. Publie-la comme nouvel artifact et donne-moi le lien.
Pour la mettre à jour, même depuis une nouvelle session, donnez-lui le lien :
Mets à jour [lien de l'artifact] avec les chiffres du jour de Stripe et PostHog. Même structure, change seulement les chiffres et l'heure de la lecture.
Pour le faire chaque matin, vous pouvez utiliser /loop, tant que la session reste ouverte : un /loop récurrent expire au bout de sept jours. Avec une page publique, Claude Code vous demande confirmation la première fois qu'il la modifie dans chaque conversation. Les tâches planifiées dans le cloud, elles, ne republient pas une page partagée publiquement sans vous le demander.
5. Qui la voit
- Au départ, vous seul la voyez. Pour la partager, ouvrez la page dans le navigateur et utilisez Share, en haut.
- Sur Pro et Max, vous la partagez avec un lien public : n'importe qui l'ayant peut l'ouvrir, sans se connecter.
- Sur Team et Enterprise, vous la donnez à des personnes précises de votre organisation, ou à toute l'organisation. Le lien public est coupé tant qu'un Owner n'active pas External sharing.
- Chaque publication est une version : dans Share, vous choisissez celle que les autres voient, ou vous montrez toujours la dernière.
- Pour la retirer : /artifacts, choisissez la page et appuyez sur d. C'est définitif : le lien ne marche plus pour personne, vous compris.
La règle que je me donnerais : dans la version publique, ne mettez que des chiffres que vous enverriez aussi par e-mail. Qui a le lien peut le transmettre à n'importe qui.
6. Les commentaires, avec Claude qui répond
Quand vous partagez la page dans votre organisation, donc sur Team ou Enterprise, les personnes qui la voient peuvent laisser des commentaires. Celles qui l'ouvrent seulement par le lien public ne les voient pas et ne peuvent pas en écrire.
- Quelqu'un qui peut modifier la page écrit un commentaire et l'envoie à Claude avec Send to Claude, ou écrit @claude dans le commentaire.
- Claude Code surveille les pages publiées dans votre session : le commentaire y arrive, Claude lit le fil et répond. La réponse apparaît signée Claude, via vous.
- Si votre mode de permissions le laisse publier sans demander, il répond tout seul. Sinon, il vous demande votre accord avant de lire le fil et avant de répondre.
- Pour l'arrêter : Ctrl+C une fois, quand le prompt est au repos, met les réponses en pause ; dans /tasks, vous arrêtez une seule page.
Claude ne répond qu'aux fils qu'on lui a envoyés : les autres restent ouverts jusqu'à ce qu'une personne les résolve. Vous pouvez aussi lui demander les commentaires vous-même :
Lis les commentaires sur [lien de l'artifact]. Réponds aux questions sur les chiffres en expliquant d'où vient chaque donnée, fais les modifications demandées et republie. Si une demande change ce qu'on montre à l'extérieur, demande-moi d'abord.
Les erreurs les plus courantes
- Brancher Stripe et PostHog seulement avec claude mcp add. La page publiée n'appelle que les connecteurs claude.ai.
- Envoyer à l'investisseur la version en direct. Depuis l'extérieur de votre organisation, les connecteurs ne se lancent pas, et il voit des tuiles vides.
- Oublier les messages de secours. Qui n'a pas branché un connecteur voit une section vide sans comprendre pourquoi.
- Croire que chaque commentaire arrive à Claude. Seuls ceux envoyés avec Send to Claude ou @claude par quelqu'un qui peut modifier la page arrivent.
Check-list
- J'ai une offre Pro, Max, Team ou Enterprise et j'ai fait /login
- Stripe et PostHog sont des connecteurs sur claude.ai, et /mcp les affiche
- Chaque section en direct a un message de secours
- Sous chaque chiffre, il y a la source et l'heure de la lecture
- L'investisseur a une version avec les chiffres dedans, pas celle en direct
- J'ai décidé qui la voit, avec le bouton Share
Questions fréquentes
C'est vraiment sans backend ?
Oui : c'est une seule page, hébergée sur claude.ai. C'est pour ça qu'elle ne peut pas avoir son propre login ni plusieurs pages liées, et qu'elle ne charge des bibliothèques que depuis quelques CDN publics. Pour un outil interne avec son propre serveur, il vous faut votre infrastructure.
Ça marche aussi pour l'équipe ?
C'est le meilleur cas. Sur Team et Enterprise, vous la partagez avec l'organisation, chacun voit les données en direct avec ses propres connecteurs, et les commentaires avec Claude fonctionnent.